Experts du social media, pionniers de l’IA, stratèges en communication et influenceurs s’y sont retrouvés avec une ambition commune : transformer des discussions ouvertes en solutions concrètes, directement nourries par les expériences terrain des intervenants.

C’est dans ce contexte particulièrement stimulant que l’intervention de Delphine Rault, directrice générale associée chez Yuri & Neil, a retenu l’attention.
Loin des poncifs sur l’Intelligence Artificielle, son intervention a mis en lumière un usage de l’IA déjà bien ancré et efficace auprès des marques et de leurs dirigeants. Quand il s’agit de déployer une stratégie de leader advocacy, qui consiste en une prise de parole régulière du patron sur LinkedIn, le constat est toujours le même : « Le CEO n’est jamais là, jamais dispo sur le moment, quand il le faut », raconte-t-elle.

« Alors, face à l'indisponibilité des dirigeants qui souhaitent être influenceurs sur LinkedIn, nous avons développé des avatars IA. Concrètement, je commence par passer une heure avec le patron : un échange sans filtre, loin des rapports formels qu'il peut avoir avec des journalistes. Cet enregistrement vient enrichir la base de connaissance des avatars. Ces agents sont aussi nourris des éléments de langage, des écrits et des statistiques issus des posts précédents du dirigeant. Ensuite, ces avatars rédigent des brouillons transmis aux équipes de communication du client pour validation et publication. Cette méthodologie permet de contourner la contrainte initiale du manque de temps, tout en accompagnant les dirigeants de grandes entreprises comme Colas (entreprise de travaux publics, filiale du groupe Bouygues) avec authenticité et le ton personnel qui les distingue. »

Animé par la volonté de reconnecter l’humain aux réseaux, cet exemple a apporté un contrepoint particulièrement intéressant aux craintes récurrentes d’une IA perçue comme substitutive, plutôt que comme un levier complémentaire.


Cette approche s’inscrit plus largement dans l’expertise développée par l’agence de Levallois-Perret qui avait bâti sa notoriété sur le SEO, et qui considère « l’IA comme le prolongement de l’ADN de marque. Pour devenir un véritable moteur de croissance, elle doit s’affranchir des standards génériques. L’enjeu réside dans la création de prompts exclusifs et de workflows automatisés, parfaitement alignés sur les besoins clients. En l’utilisant comme un “pinceau moderne”, les entreprises peuvent ainsi décupler leur productivité tout en préservant l’authenticité et la singularité de leur discours. »

Cette réflexion sur l’utilisation et l’implémentation de l’IA dans les process des entreprises fait également écho aux récentes annonces de Meta. Le groupe a, en effet, sensiblement accéléré le rythme de son intégration en liant désormais la rémunération de ses salariés à leur usage de l’intelligence artificielle. Grâce à son outil interne « Checkpoint », la maison-mère d'Instagram analyse plus de 200 points de données afin d’en mesurer l’impact dans le travail quotidien de ses collaborateurs. Présenté par les ressources humaines comme un « moteur de preuves d’impact » plutôt que comme un outil de surveillance, ce système automatisé conditionne directement l’attribution des bonus, marquant un tournant assumé et particulièrement offensif dans l’intégration de l’IA au sein des flux de travail.

Autant d’éléments qui soulignent l’importance d’une vigilance constante et d’une régulation, elles encore profondément humaines, face à ce type d’évolution des pratiques professionnelles.

Un enjeu central, au cœur de ce premier Social Jam manifestement réussi.

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