pré-hype
Les Fléchettes : Anonyme en Angleterre, Squeezie peut hurler pour encourager son sportif favori sans que personne ne lui saute dessus pour un selfie ou un autographe. Cette scène rare s’est déroulée pendant les championnats du monde de fléchettes, tout début janvier. Le créateur star était sur place pour accompagner l’hystérie anglaise autour de Luke Littler, double champion du monde de la discipline, devenu une star outre-Manche. Et les chiffres sont là pour corroborer notre pré hype : les recherches sur YouTube en France ont triplé en deux ans (source Google Trends). On parie sur une déclinaison « creator » dans les mois qui viennent...

VIVET, la marque de vêtements de luxe de Kai Cenat : Du haut de ses 20 millions d’abonnés sur Twitch, le New-Yorkais de 24 ans est désormais un pilier de la pop culture américaine. Il avait, depuis quelques mois, réduit son rythme de lives avant d’initier une phase au séquençage très contemporain : interrogation sur sa carrière, sa santé mentale, sa vie. Le 13 janvier dernier, au matin, une confession intime filmée, intitulée « I quit », interpellait sa communauté. Finis les réseaux, il avait trouvé la réponse à sa récente quête de sens : la mode...
Annoncée pendant la Fashion Week parisienne, VIVET a d’abord pris la forme d’un petit carnet de notes, devenu le monolithe de la marque, avant qu’il ne concrétise dans une collection courant 2026. Mais les (més)aventures récentes de Jaden Smith pour Louboutin, mal reçues par le milieu, ont prouvé que le nom ne suffisait pas. La lecture des quelques pages partagées du sacro-saint calepin ne nous a pas complètement convaincus. Il le fera peut-être.

Les influenceurs en mode sportifs : le marketing sportif se frotte de plus en plus aux influenceurs. A minima, en les invitant à des événements pour toucher de nouvelles audiences. Mais, ces derniers temps, on est allé un cran plus loin : en intégrant les créateurs à la compétition et en reprenant les codes de la creator economy.
L’Open d’Australie de tennis a lancé le One Point Slam la saison dernière, une compétition mêlant pros, amateurs, créateurs et personnalités. Le gain, cette année, 1 million de dollars, était présenté dans un cube en verre, comme un gros clin d’œil à MrBeast. Une série de matchs à élimination directe en un point a vu un prof de tennis local remporter le jackpot… contre Jannik Sinner, n° 2 mondial.
En France, le « 60 mètres L’Équipe », la « course des créateurs de contenus » du Meeting de Paris Indoor, a vu s’imposer Daetienne (2,5 M de followers sur TikTok). Ces initiatives vont donner des idées aux disciplines qui hésitent encore à lâcher prise pour saisir ces opportunités de nouveaux points de contact avec les fans. Et créer des récits inédits.


hype
Algo-babies : La force d’un nouveau concept tient dans son évidence immédiate. Les algo-babies cochent deux cases : du fond, avec une réalité injuste, puisqu’il est aujourd’hui plus simple de percer dans le cinéma grâce à son nombre d’abonnés que par son talent pur (ceci dit les reproches adressés aux starlettes, époque Brigitte Bardot, étaient comparables) ; et de la forme, avec un néologisme qui claque, et une filiation revendiquée avec les nepo-babies, concept popularisé dans le New York Magazine en 2022. Sans chercher à créer le buzz, l’instagrameuse critique de cinéma @romanedaily l’a fait. On a analysé cette hype dans notre méta-chronique il y a deux semaines.
Menotté à son ex : Le Motif, on connaît chez SocialRama. On l’a interviewé sur le clipping et on l’a qualifié d’omni-créateur. Son dernier contenu, Menotté à son ex (7 jours pour 14 000 €), nous a prouvé la justesse de ce qualificatif. Il l’a écrit, réalisé, monté, mais a aussi produit une track list de morceaux pour la bande-son… 2 heures de show, 1,1 M de vues, 2 000 commentaires en six jours : une très belle performance pour une chaîne qui ne comptait que 80 000 abonnés à la sortie de la vidéo. Le Motif est un créateur de contenu moderne : un entertainer analytique et créatif. Obsessionnel comme un MrBeast, il décortique tous ses chiffres (et ceux d’Océane, sa compagne et influenceuse), anticipe et crée un système au service de la performance de sa vidéo (teasing, montage, clipping, reveal final). Mais c’est aussi un créatif, avec l’ambition d’imaginer des formats originaux, produire de l’inattendu et piéger tout le monde.

Le cheesecake japonais (des réseaux) : Une nouvelle fantaisie culinaire éphémère ? Sûrement. Mais surtout des pics de recherche et de mentions, tous réseaux confondus, qui traversent les plafonds depuis mi-janvier, des deux côtés de l’Atlantique. Une nouvelle démonstration de la puissance d’influence de la micro-nation, l’internationale des nanos et micros-influenceurs, capables de lancer des trends depuis leurs cuisines. Un exemple sur TikTok : la recette d’@AnneLaure1206, qui n’a que 836 abonnés mais génère 769 000 vues.
Pour les épicuriens, à ne pas confondre toutefois avec les authentiques cheesecakes nippons, dont le processus de préparation et la délicatesse relèvent d’une toute autre tradition.

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