Mais pourquoi le format plaît-il autant aux créateurs et aux marques ?

Ne pas avoir lancé son talk-show avant ses 30 ans, est-ce avoir raté sa vie sur Internet ? Maghla a Sip & Gossip, Domingo anime Popcorn, Maxime Biaggi avait lancé Zen. Dernier en date : Théo Babac, est revenu l'an dernier après plusieurs mois d’absence avec son Babac Show, un talk dans lequel l’humour frôle souvent l’absurde. Et le résultat plaît, le troisième épisode est sorti il y a deux semaines.

Même si le youtubeur a repris le concept à la sauce Babac, le talk-show est déjà un format bien installé sur les plateformes depuis quelques années. Les créateurs de contenu se sont tous essayés à ce format, avec plus ou moins de succès. Mais qu’est-ce qui plaît autant ?

« Un talk-show, c’est avant tout une sensation de direct, un caractère imprévisible, qui donne à l’audience ce sentiment de “ici et maintenant” »

Pour Caroline Servy, Managing Director chez The Wit, société de veille et d'analyse de plus de 6 000 formats de télévision et streaming dans 123 pays, le concept est en réalité très large. « Un talk-show, c’est avant tout une sensation de direct, un caractère imprévisible, qui donne à l’audience ce sentiment de “ici et maintenant”. »

« À la base, le talk-show, c’est de la radio filmée, ce qui explique d’ailleurs son succès actuel sur le web et via les podcasts filmés. C’est né dans les années 1950-1960, et on peut dire qu’aux États-Unis, la guerre des talk-shows ne s’est pas arrêtée depuis 70 ans. »

The Faye Emerson Show, considéré comme le premier talk show filmé de l'histoire, 1949

La mort du talk-show à la télévision

En France, les codes sont un peu différents. Le late night à la Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel ou Stephen Colbert n’a jamais réellement séduit. Dès les années 1990, l’Hexagone préférait ses grands animateurs : Thierry Ardisson, Laurent Ruquier ou Christophe Dechavanne, sur un access prime time.

« C’était moins scripté qu’aux États-Unis, on avait de l’infotainment où se mélangeaient de l’info, des sketchs, de la culture, des invités et des chroniqueurs, dans une ambiance collégiale. »

Mais à la télévision, les codes ont changé, et la téléréalité a depuis pris la place des talk-shows. « Le poids des talk-shows est en baisse constante depuis cette époque : selon nos analyses, ils représentaient environ 9 % du temps d’antenne des six premières chaînes en 2025, en légère baisse par rapport aux 11 % de 2016. Par comparaison, aux États-Unis, ils pèsent encore 20 % du temps d’antenne », note Caroline Servy. Toutefois, Vincent Bilem, doctorant en sciences de l’information et de la communication, tempère : « Quand on voit le record d’audience de feu TPMP, on se dit que le format talk-show n’est pas complètement mort. »

Dix fois moins cher sur Internet

Sur Internet, le format a su s’éloigner de la télévision, tout en gardant une forme hybride. « Sans le savoir parfois, ils ont repris les codes », précise Vincent Bilem. Pour Caroline Servy, la différence est tout de même marquante. « Il y a une rupture de ton, de langage, de sujets. À la limite, ça s’apparenterait à ce qui a été fait dans les années 2000 avec le Morning Live sur M6, pour son côté bricolé, spontané et sans moyens. »

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