Le contexte : présent en France depuis 2020, Disney+ a signé en 2025 un accord de trois ans avec les organisations du cinéma français. La plateforme s’engage à investir 25 % de son chiffre d’affaires net annuel en France dans des productions européennes et françaises. En échange, Disney+ peut diffuser ces films 9 mois après leur sortie en salles, contre 17 mois auparavant.

Tout au long de leur « showcase », les dirigeants du groupe se sont attachés à démontrer que Disney+ était « la plus française des plateformes américaines », pour reprendre les mots de la directrice générale de Disney France, Hélène Etzi.

Parmi les nombreux exemples destinés à appuyer cet ancrage local : une série tournée dans une ancienne prison de l’Aube (Surveillant ! de John Wax, avec Jean-Pascal Zadi et Audrey Lamy), l’adaptation française de The Last Man on Earth avec Artus, un biopic sur Alexandre Dumas père (Dumas - Diable noir, réalisé par Ladj Ly) ou encore une adaptation de Lucky Luke en série, avec Alban Lenoir et Alice Taglioni… Une démonstration de force, qui montre que les plateformes de streaming ont autant besoin des grands « hits » internationaux que de contenus plus locaux pour continuer à séduire les abonnés.

Mais Disney va plus loin que le financement et l’achat de films, séries et documentaires « Made in France » : le géant américain cherche aussi de plus en plus à se rapprocher des créateurs issus du web.

Kyan Khojandi au Showcase Disney+ le 15 janvier 2026 à l'Institut de France / Disney+

Ce sont d’ailleurs les stars des réseaux qui ont le mieux illustré l’appétit de Disney pour le paysage créatif français. À commencer par Kyan Khojandi, dont Bref.2 a connu un succès retentissant sur Disney+ l’an dernier, treize ans après son succès originel, à l’époque davantage dû à la viralité du format sur les réseaux sociaux qu’à sa diffusion sur Canal+.

« Quand j’ai dit à mes proches qu’on allait travailler avec Disney, ils m’ont dit : “Wow, tu vas bosser avec la grosse machine Disney !” », a-t-il raconté sur scène… avant de rapidement préciser que cette « grosse machine » s’est limitée, à son grand étonnement, à une poignée d’interlocuteurs qui lui ont laissé le champ totalement libre pour développer sa série.

« On n’a pas écrit cette série comme on a l’habitude d’écrire une série. On l’a discutée ! C’était assez nouveau comme processus », poursuit-il en décrivant les réunions « tous les mercredis » pendant lesquelles les six épisodes de Bref.2 ont commencé à voir le jour.

En réalité, ce n’est qu’à la toute fin du processus, après ces quatre mois d’écriture, suivis par 80 jours de tournage et quatre mois de post-production, que Kyan Khojandi a vu toute la force de frappe de Disney à l’œuvre : « Là, ça nous a complètement dépassés. C’est quand j’ai vu les bus entiers de France avec ma tête dessus que j’ai compris que c’était ça, la machine Disney. »

Lena Mahfouf, dont le ''COUCH'' est diffusé sur Disney+ / Disney+

Pour Lena Situations, l’histoire est différente, mais la décontraction affichée est la même, tout comme son expérience de la force de frappe de Disney. Après avoir animé en direct pendant huit heures la cérémonie des Oscars pour la plateforme début 2025, son podcast COUCH est arrivé par surprise sur Disney+ en octobre. Un atout qui lui a permis d’accueillir, sur son fameux canapé six places, des stars internationales comme Rihanna, Kim Kardashian, Demi Lovato ou DJ Snake…

« C’est un peu une version bêta test, ça fait là quelques mois, et on prend tous les retours ! », explique humblement la créatrice, avant de demander, presque naïvement, à son interlocuteur si ses chiffres d’audience sur Disney+ sont bons…

Dézoom : Disney+ n’accueille pas seulement les créateurs les plus en vue parmi ses programmes : la plateforme s’appuie aussi sur eux pour faire la promotion de ses contenus. Le lancement de Tell Me Lies en est la meilleure illustration…
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